Comprendre l’agro-écologie en Afrique en 3 points

Aujourd’hui, l’agriculture conventionnelle malgré ses
technologies de pointe ne parvient pas à résoudre l’équation de la
sécurité alimentaire. L’agro-écologie constitue une alternative sérieuse
en particulier en Afrique car elle entend promouvoir une agriculture
triplement performante, sur les plans économique, social et
environnemental. 3 points pour comprendre les enjeux de l’agro-écologie
en Afrique.

1. Le modèle d’agriculture conventionnelle qu’ON veut nous imposer n’est pas viable.

Répliquer en Afrique le modèle de la “révolution verte” des années
1960 en ignorant ses impacts sociaux et environnementaux. Voila ce que
tente de faire les gouvernements ainsi que les agences internationales :
toujours plus d’agrobusiness, plus d’agriculture industrielle.

Nombre d’initiatives telles que la Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition
du G8, n’ont pas pour vocation de faire sortir l’Afrique de la
pauvreté. En effet, cette agriculture industrielle est tout au bénéfice
de quelques multinationales (géants du négoce de matières premières,
semenciers…). Elle vise à imposer un modèle agricole et alimentaire
uniforme. L’agriculture est industrielle occupe de grandes surfaces de
terres en monoculture (culture d’une seule espèce de plante), toujours
plus gourmande en intrants chimiques et lourdement mécanisée. Avec des
conséquences d’autant plus désastreuses : accaparement des terres,
déforestation, destruction des sols et de la biodiversité, pollution des
eaux et risques accrus pour la santé humaine.

Autre victime, l’agriculture familiale se voit fragilisée voire
menacée de disparaître. Les paysans sont contraints d’acheter des
semences « améliorées » et autres intrants chimiques, souvent obligés de
s’endetter pour faire face à ces coûts.

2. L’agro-écologie constitue une alternative sérieuse.

L’agro-écologie consiste à repenser le modèle d’agriculture pour
qu’il soit performant au niveau économique, respectueux de
l’environnement et assure une bonne qualité de vie des populations.

Ainsi les principales pratiques mises en oeuvre visent à : accroître
la diversité des cultures en évitant les monocultures, favoriser le
recyclage biologique et l’utilisation de compost comme engrais vert, à
utiliser des couverts végétaux qui permettent le renouvellement naturel
du sol afin de limiter les labours,  ou encore à optimiser l’irrigation
par la réorganisation des terrains afin d’économiser la consommation en
eau. Autant de pratiques qui mêlent savoir-faire traditionnels et
innovations scientifiques : un modèle parfaitement adapté aux réalités
des pays africains.

L’agro-écologie cherche ainsi à valoriser les savoirs et savoir-faire
paysans, réduire les dépendances externes qu’il s’agisse d’intrants,
d’énergie ou de techniques inappropriées et surtout à produire pour le
marché local en favorisant les circuits courts.

Encore plus en Afrique qu’ailleurs, la transition vers des pratiques
agricoles en lien avec la sécurité alimentaire ne peut s’effectuer qu’au
travers d’un travail avec les petits producteurs qui représentent
l’écrasante majorité du secteur agricole et produisent 70% de
l’alimentation.

3. Des exemples de fermes agro-écologiques qui marchent !

Parmi les pré-curseurs de ces pratiques, la ferme Songhaï
située au Bénin. Fondée en 1985, elle ne dépassait pas un hectare.
Aujourd’hui, elle s’étend sur 24 hectares et ce sont 17 fermes Songhaï
qui sont implantées au Nigeria, au Liberia et en Sierra Leone. Songhaï
est le symbole même de l’agro-écologie en Afrique : fertiliser de
manière naturelle les sols, transformer localement les produits
agricoles, recycler leurs propres déchets… Les rendements de Songhaï
parlent d’eux-mêmes : les fermes ont généré près de 7 milliards FCFA de
chiffre d’affaires en 2013 (environ 10 millions d’euros).

Autre exemple, toujours au Bénin : les jardins de l’espoir,
fermes d’agro-écologie avec un volet pédagogique. Former la jeunesse à
ces pratiques respectueuses de l’environnement et de l’humain reste un
enjeu de taille. C’est pourquoi DJOUMAN s’associe aux jardins de
l’espoir ainsi qu’à une poignée d’autres associations pour organiser le
1er camp de formation 100% dédié à l’agro-écologie, Agro Camp for development, du 14 au 21 Mars prochain à Bossito au Bénin. Inscrivez-vous vite !

Article initialement publié sur le bog de DJOUMAN

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