Réconcilier les villes avec l’agriculture, le défi de Pascaline Yao

Que deviennent les participants après AgroBootCamp ? Pascaline Yao, étudiante ivoirienne et depuis peu entrepreneure, nous explique comment sa participation à la 3e édition d’AgroBootCamp lui a permis de concrétiser son projet d’entreprise : Agri’urbaine.

Peux-tu te présenter ?

Je suis Mlle Yao Pascaline, Africaine de la région de Cote d’Ivoire, entrepreneure en agriculture. Je suis  également  doctorante en  philosophie, à l’université Alassane Ouattara de Bouaké, où j’ai obtenu la licence et le master 2 en philosophie.

A quelle édition d’AgroBootCamp as-tu participé ? Et qu’en as-tu retenu ?

Ma participation à la 3e édition, qui s’est déroulée du 11 au 17 Avril 2019 à Tori Bossito au Bénin,  fut d’une importance capitale dans la création de mon entreprise.  En effet, ce programme a favorisé le renforcement de mes capacités en termes d’agriculture durable. Concrètement, ce programme a semé en moi la graine de l’agriculture écologique (agriculture sans engrais chimique, ni pesticide). J’y ai appris à faire le compostage, le bokashi (engrais biologique amélioré), la confection des planches, le binage, l’aération du sol, les plantes nourrissant le sol, l’association des plantes protectrices, la culture de l’artémesia (plante qui soigne et prévient le paludisme) et bien d’autres. Grâce à ce programme, j’ai rencontré des personnes formidables œuvrant dans le cadre de la sécurité alimentaire, qui n’ont pas cessé de m’encourager et de me soutenir dans la mise en place de mon entreprise. 

Peux-tu présenter ton entreprise ?

Mon entreprise Agri’urbaine, lancée officiellement le 1er mars 2020, intervient pour faire face à cinq problématiques qui sont : la résilience de nos produits agricoles face aux changements climatiques, la perte de la biodiversité due à l’agriculture intensive,  l’insécurité alimentaire, les problèmes de santé liés à l’alimentation, ainsi que la déconnexion de l’homme d’avec son assiette. Mon projet a pour objectif de nourrir les populations urbaines, tout en préservant la biodiversité.

A travers mon entreprise, j’accompagne les personnes vivant en ville à mettre en place des dispositifs d’agriculture urbaine. Ainsi par exemple, nous proposons des services permettant à des particuliers d’aménager leurs espaces pour qu’ils puissent produire des fruits, légumes, condiments, plantes aromatiques et médicinales en pleine terre ou dans des bacs, pneus usagés, bouteilles recyclés, bocaux… Ces aménagements peuvent se faire dans un jardin, comme sur un balcon, une terrasse, des pans de murs…

Nous proposons également la construction de serres agricoles bio pour les populations vivant dans des immeubles et qui souhaitent mettre à profit leur toiture. Nous opérons dans le cadre de cadre de l’agriculture biologique, sans utilisation d’engrais et pesticides chimiques. Nous souhaitons par ce projet, permettre aux communautés urbaines de considérer le jardinage comme un loisir, une activité déstressante favorisant la connexion avec notre mère nature.

Dans son rapport quinquennal sur l’état des forêts, la FAO note que 80 % de la déforestation est due à l’agriculture. Or, pour nourrir la population mondiale qui ne fait que croitre, nous devons étendre également les surfaces agricoles, ce qui signifie détruire la faune et la flore. C’est en vue de répondre à cette problématique que mon projet a vu le jour. Mon projet consiste à utiliser nos surfaces déjà habitées pour produire des denrées alimentaires.  Plusieurs quartiers en milieu urbain ne sont constitués que d’immeubles, et pourtant leurs toitures ne sont point exploitées. En outre, à travers mon initiative, nous répondons aux besoins des populations vivant dans les villes, quant à l’insuffisance et la cherté des produits agricoles sur nos marchés.

A l’heure actuelle, Agri’urbaine a déjà accompagné 9 personnes dans la ville d’Abidjan, et a plusieurs demandes en attente également à Bouaké.

Comment AgroBootCamp t’as permis de lancer ton projet ?

Cette entreprise est le fruit de plusieurs formations que j’ai suivie dont Agrobootcamp est le pilier. En si peu de temps, on apprend beaucoup, dans la convivialité. Alors si vous avez un projet, n’hésitez à participer à cette formation.

Un conseil aux jeunes africains ?

Chers jeunes africains et africaines, l’eldorado, c’est ici et nul part ailleurs. Si on se donne à fond, on peut ensemble changer notre continent. L’Afrique est le réservoir du monde. Allons, utilisons ce réservoir pour nous conduire dans un monde meilleur.  

Pour plus d’informations :

Facebook : https://www.facebook.com/Agriculture-urbaine-102987174649025/

Email : agricutureurbaine2.0@gmail.com

Crédit photo : Pascaline Yao

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